Je vais devenir fou. Je ne suis qu'un jouet entre ses mains, un pantin désarticulé, un oiseau qui ne pourra plus jamais voler parce que ses ailes ont été brisées.
Elle joue, elle ment, je l'aime. Elle me parle, elle m'ignore, elle est douce, elle est blessante. Chaque jour le discours change. Cette nuit, j'ai encore été malade. J'ai encore rêvé d'elle, encore et toujours, une sorte de cercle vicieux d'où je ne sortirai jamais.
Dans ce rêve, je ne cessais de l'appeler, de la supplier de cesser avec moi, et elle riait, m'envoyer balader comme le dernier des cons, comme elle sait si bien le faire. J'aime écrire. J'aime vraiment écrire. J'aime lire aussi. Ça m'fait tellement d'la peine. Oui, de la peine. Tout l'monde a beau me dire que j'suis con de m'attacher à rien comme ça, mais moi je ferais n'importe quoi pour elle. J'veux rien d'autre. J'suis vraiment au fond, fond, fond du fond. J'suis tanné que tout ce qui nous est arrivé me suive encore. J'ai envie de lire plein de livres tristes, comme ça les quelques semaines qui restent vont passer plus vite, peut-être. J'arrive pu à te dire des belles choses comme avant. Ça me déprime vraiment beaucoup, beaucoup. J'sais pas si tu vas lire ça un jour... J'te le souhaite pas, y'a pas grand-chose à comprendre à ce que je pense/écris/dis. J'veux encore passer du temps avec toi comme avant. C'est vital, j'suis pu capable. On est peut-être différent mais les contraires s'attirent, combien de fois tu l'as dis de toute façon. J'ai vraiment le goût que ça aboutisse à quelque chose pour une fois. J'ai pris mon temps, j'ai attendu moi aussi.. Pour que tout ça me tombe dessus finalement. Et en plus avec ce que tu m'as dis hier soir, let's go, on culpabilise encore plus.
J'sais pas à quoi mon été va ressembler si je reste sage. J'espère que ça va bien se passer. J'peux pas faire autrement. C'est tellement bientôt dans l'fond. J'ai hâte aux examens de juin. J'sais même pas encore avec qui j'vais suivre mes cours l'année prochaine.
J'suis super mélangé, mais je sais que j'te veux toi.. Même si ça prend beaucoup de temps. J'trouve ça tellement dégueulasse tout ce qui arrive que j'suis même pas foutu d'en parler à mes meilleurs amis. C'est trop des histoires sans fin et sans sens, même moi j'y comprend rien. Imaginez-vous juste à quel point c'est du trouble faire confiance à quelqu'un.
J'suis triste, j'aurais l'goût que tu me serres fort, fort, fort dans tes bras blancs pour que j'me sens un peu moins seul dans tout ça. Tu me manques. Vraiment beaucoup. J'ai hâte de retrouver la fille que j'ai connu cette journée-là. Ça m'épuise. Ça va juste être pire.
You are everything that I could ask for.
Voir sa pire hantise se concrétiser, qu'y a t'il de plus horrible ? Perdre la seule personne qui arrive à vous faire rêver, sourire, pleurer, vivre. Perdre votre "moi", son âme, son amour, le vrai, celui que tout le monde rêve d'avoir. Vous vous rendez compte que le rêve est fini, vous pensez avoir été trompé pendant des siècles, que ces mots elle les a dit et les dira à d'autres.
Alors vous voulez vous réveiller de ce cauchemar. Vous pleurez, vous hurlez, vous ne mangez plus, ne dormez plus. Plus rien n'a d'intérêt. Vous ne pensez qu'à elle, au pourquoi de cette situation.
Vous finissez par penser à mourir car c'est la seule chose qui vous sortira de cet enfer, qui cessera toute souffrance, toute pensée. Mais vous songez à eux, ceux qui vous aiment, alors vous ne sautez pas mais vous vous donnez votre petite mort. Le corps devient fin, les os apparaissent, à croire qu'ils vont finir par transpercer la peau. Votre visage se décompose, vous perdez le peu de couleurs que vous aviez aux joues. Vous ne pouvez plus tenir debout parce que le corps n'a plus de force. Vous refusez de manger mais vous vous mettez à fumer clope sur clope, histoire de tomber un peu plus malade, un peu plus faible, et ça marche.
Vous ne désirez qu'une chose; elle.
Elle ou rien, et rien c'est se laisser mourir.